Brahim Tidjani Djimet
défenseur de droit de l'homme et de l'environnement
19/01/2026
La politique identitaire ne fait pas les leaders.
Dans de nombreux contextes politiques, notamment en Afrique, persiste l’idée selon laquelle faire de la politique au nom de sa communauté, de son ethnie ou de sa région suffirait à légitimer un leadership. Cette perception, largement répandue, est non seulement erronée, mais dangereuse pour l’avenir de nos démocraties et la cohésion nationale.
En effet, faire de la politique pour représenter sa communauté peut sembler, à première vue, un acte de responsabilité. Mais lorsque cette logique devient le fondement exclusif de l’engagement politique, elle transforme l’action publique en un marché d’intérêts identitaires.
Tout de même, cette dérive identitaire alimente le clientélisme, le népotisme et le régionalisme. Oui, elle affaiblit les institutions en les soumettant à des logiques de partage et de récompense communautaire plutôt qu’à des principes de mérite, de justice et d’efficacité.
Pire encore, elle fragilise le sentiment d’appartenance nationale et entretient des fractures sociales profondes, souvent exploitées à des fins électoralistes.
《On ne devient pas leader politique en parlant pour son ethnie,
on le devient en agissant pour la nation disait un adage》.
En realité, nos sociétés n’ont pas besoin de représentants communautaires déguisés en leaders nationaux. Elles ont besoin de femmes et d’hommes d’État capables de dépasser les appartenances pour écrire une histoire commune. Certes, la politique identitaire peut gagner des élections, mais elle ne construit jamais des nations durables.
Le véritable leadership politique commence lorsque l’on cesse de parler au nom d’un groupe pour commencer à agir au nom du peuple tout entier.
BRAHIM TIDJANI DJIMET, Prèsident National de l'ONG ADEHUS
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